Les Meurtres de Molly Southbourne

Posté par le 16 Juil 2019 dans Note de lecture, SFFF | 0 commentaire

Les Meurtres de Molly Southbourne

de Tade Thompson

traduit de l’anglais par Jean-Daniel Brèque

Le Bélial’

110 pages

L’auteur

Tade Thompson est un écrivain britannique d’origine nigériane qui exerce le métier de psychologue. On le découvre en français cette année avec cette nouvelle, mais aussi avec la parution de la traduction française de son cycle Rosewater. Il est à noter que cette édition Une Heure Lumière se conclut sur un entretien avec l’auteur au sujet de la genèse de cette histoire, et de sa conception de l’horreur, où il évoque entre autres choses le Frankenstein de Mary Shelley ou La Loterie de Shirley Jackson (références chères à mon cœur).

L’intrigue

Il n’est pas évident de résumer une intrigue où le mystère et la surprise occupent une place importante. Je dirais que le récit se décompose en deux parties. On commence par l’immersion dans la peau d’un personnage dont on ne sait rien et qui semble être séquestré par une certaine Molly Southborne. Cette dernière vient parler à son otage et lui raconte sa vie par bribes. On découvre alors son enfance, sa jeunesse, son rapport avec ses parents, etc. Pour finir par revenir dans la cellule où l’on comprend enfin l’identité du personnage séquestré pour ensuite imaginer de quoi son avenir sera fait.

« Les règles sont simples et ses parents les lui assènent depuis son plus jeune âge :

Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bats-toi.

Ne saigne pas.

Si tu saignes, une compresse, le feu, du détergent.

Si tu trouves un trou, va chercher tes parents. »

Les personnages et l’univers

L’élément clé de cette novella est bien entendu Molly Southbourne, et en tant que lecteur·ice, on la découvre et on l’observe un peu comme une extra-terrestre tant son parcours est empreint d’étrangeté et de mystère. Le moteur de cette lecture aura vraiment été pour moi la curiosité et la soif de comprendre. L’univers mis en place est proche du nôtre, mais en diffère par quelques points essentiels abordés vers la fin du récit. Le sang y occupe une place importante par exemple, et l’auteur arrive vraiment à nous distiller les informations au compte-gouttes, au gré des souvenirs de la jeune femme qu’elle raconte de manière fragmentaire, et ce n’est qu’au bout de plusieurs de ces « gouttes » qu’on finit par mieux comprendre. Molly grandit dans une bourgade de l’Amérique profonde qu’il est très aisé de visualiser, ce qui fait qu’on n’est guère surpris de savoir que les droits d’adaptation audiovisuelle de cette novella sont déjà vendus. Autre élément central de ce texte : la violence qui est omniprésente et souvent très crue, ce qui va tout à fait dans le sens des productions audiovisuelles à succès du moment.

Mon avis

Pour résumer : une lecture haletante qui nous tient par son étrangeté et sa forme fragmentaire incitant à comprendre et reconstituer l’histoire par soi-même. À vrai dire, j’ai l’impression qu’une fois arrivé·e au bout de ce texte, on peut tout à fait le relire pour en redécouvrir des subtilités. Pour ma part, je m’étais complètement trompée sur l’identité du personnage séquestré au début et ça m’a poussée à relire toute la première partie pour me rendre compte que c’est mon propre cerveau qui m’avait joué un vilain tour.

J’ai découvert il y a quelques jours l’existence d’une deuxième novella autour de ce même personnage. Voilà qui s’annonce plutôt intéressant !

Lu dans le cadre du challenge S4F3s5 organisé par Lutin.

Quelques autres avis chez Les Chroniques du Chroniqueur, Lorkham, Apophis, Célindanaé, Le Chien critique, Feyd Rautha

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