Bribes hebdo (semaine 23)

Posté par le 8 Juin 2018 dans Actualité, Langue française, Littérature, Traduction | 0 commentaire

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Carton plein cette semaine :

– Avancé ma traduction de fantasy historique. La nouvelle du moment se passe en Inde et le fait religieux y tient une place non négligeable. Je vais donc devoir sérieusement rafraîchir mes connaissances sur le panthéon hindou.

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– 3 journées pleines sur site dans deux entreprises à faire des traductions, des relectures et de la gestion projet. Vu passer une variété de textes pouvant aborder dans le désordre : les cryptovirus, le mois des fiertés et les émeutes de Stonewall, sans oublier les éternelles rengaines marketing qui font le sel de ces activités.

– Rendu mes 3 ouvrages jeunesse, et j’ai aimé la richesse des échanges avec l’éditrice. Sans être de langue maternelle française, elle a une approche plutôt qualitative de ces textes pour les tout-petits. Bien hâte de voir le résultat de ces textes intégrés aux illustrations.

Le saviez-vous ?

Cette semaine c’est dans mes lectures que j’ai appris un mot nouveau qui m’a marquée : la sphinge… qui n’est autre que la femelle du sphinx (ça tombe sous le sens une fois qu’on le sait). J’ai découvert ça en lisant la nouvelle Le Nid de la sphinge de Claire & Robert Belmas. Ce tableau de Gustave Moreau s’intitule Œdipe et le sphinx, mais de toute évidence, il s’agit d’une sphinge !

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Agenda

– Dans le rétro, il y a cet atelier de traduction à partir de l’anglais d’Écosse auquel j’ai participé samedi dernier dans le cadre du Printemps de la traduction. Nous avons passé une matinée autour de l’auteur et traducteur Diniz Galhoz qui a réussi à faire passer la langue (ou devrais-je dire le dialecte ? l’idiolecte ?) d’Irvine Welsh dans un français lisible sur papier, publié par le Diable Vauvert. Et il y avait de la matière. Tout angliciste que vous soyez, que diriez-vous face à un texte qui ressemble à ça :

« Ah sais tae fuckin June earlier, ah goes : thank fuck that’s January nearly ower. A shite fuckin month. Baw cauld n every cunt steyin in aw the time, Renton sneakin away back doon tae fuckin London wi that wee cunt he hud up here. Wisnae a bad wee fucker, but every cunt should stey whaire they fuckin well come fae, that’s what ah eywis fuckin well say. At least Rents came back ; Sick Boy nivir even fuckin showed up at aw.

That Cha Morrison cunt fae Lochend’s inside eftir daein Larry ower. Still runnin oaf at the fuckin mooth, n aw, or so they fuckin well tell us. How come Begbie nivir does time ? Makes ye wonder if the cunt’s a fuckin grass. Fuckin innuendo. Ah’ll gie that cunt a fuckin grass awright. That cunt dies: spreadin fuckin innuendo. Cunt’s nipped cause it’s me the likes ay Davie Power wants to git fuckin involved in the world ay business. »

Begbie

Les deux heures et quelques planifiées ne furent pas de trop pour passer par l’étape déchiffrage, puis par le questionnement sur la restitution. Comprendre est une chose, mais ensuite ? Qu’en fait-on de cet anglais/scots/argot plus proche de la phonétique que d’autre chose ? Nous avons abordé pêle-mêle, les écrits du poète national écossais, Robert Burns, ou le Barde de l’Ayrshire, dont l’œuvre est à moitié en anglais conventionnel, et à moitié en Scots. Nous avons évoqué la plasticité du « putain » qui n’est pas aussi grande que celle du « fucking », et aussi le constat que la langue varie selon plusieurs critères et notamment en fonction du milieu social du locuteur, ce que l’on oublie un peu trop souvent. Dans le texte ci-dessus, on voit que le narrateur substitue un « ah » au pronom personnel « I » traditionnel. J’ai trouvé intéressante cette remarque sur ce « I » qui est phallique et forme comme des barres au fil du texte. Rien à voir avec le « ah » qui suggère une identité tout autre. La question des surnoms, comme « Sick Boy », à traduire ou pas ? Beaucoup de questions en si peu de lignes. Pour conclure, il nous a lu l’extrait tel qu’il l’a traduit, en axant son travail notamment sur l’élision. Et ça fonctionne très bien ! Je suis même curieuse de lire un ouvrage entier dans ce style-là, comme celui-ci (notez au passage la très jolie mention du nom du traducteur sur la couverture ;)) :

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– Ce samedi, le 9 juin, à la Petite Rockette, une soirée du collectif Trad-en-bouche : de bons petits plats et des lectures, que demander de plus ?

– Les candidatures au programme de traduction littéraire franco-allemand Glodschmidt sont ouvertes.

– Je vous parlais de l’ouverture de la promo 2019 de l’ETL. Son directeur nous dit tout le bien qu’il pense des traductions faites par les machines cette semaine.

– Un séminaire à l’ENS qui a l’air tout bonnement passionnant, les 15 et 16 juin, sur les littératures du jeu vidéo

Le lien du moment

– Une interview de l’auteur Lionel Davoust, qui revient plus en détail sur son expérience de la traduction littéraire.  « C’est un pont capital jeté entre les cultures, entre les idées, et elle permet à chacun de s’enrichir par la confrontation à des points de vue inédits dans sa langue. »

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Et c’est tout pour aujourd’hui, bonne semaine !

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