Waldgänger et transmédia

Posté par le 22 mai 2012 dans Actualité, Écriture, Édition, Multimédia, Numérique | 1 commentaire

Couvertures Waldganger 1 et 2

 

Entretien avec l’auteur de la série du Waldgänger, Jeff Balek.

Aujourd’hui, j’ai le grand plaisir de recevoir Jeff Balek qui va nous parler de son projet transmédia, le Waldgänger.

Le Waldgänger, c’est une série de 6 épisodes à lire en numérique, 1 album rock et 1 mini-jeu sur le web. Mais c’est aussi la ville de Yumington qui possède son propre site web, ses citoyens, son actualité, ou encore des rencontres IRL dans des bars parisiens, des QR Codes… (j’en oublie peut-être) Est-ce que c’est ça le transmédia ? En quoi ça consiste précisément ?

Avant les sites, la musique, les jeux, etc. le transmédia est une manière d’aborder la narration d’une histoire. Beaucoup de projets revendiquant le terme transmédia éclosent aujourd’hui, mais bien souvent on s’aperçoit qu’il s’agit juste d’une bande-son qu’on a plaquée sur histoire ou d’une vidéo qui se résume à un trailer.

Un projet transmédia doit être pensé nativement comme tel. Les éléments périphériques à l’histoire centrale ne doivent pas être redondants. Ils doivent être, à mon sens, des créations à part entière et enrichir l’univers de narration.

Ainsi quand j’ai rencontré pour la première fois les Hopkins, je ne leur ai pas demandé de composer la musique du Waldgänger, mais de s’approprier cette histoire et de « se lâcher » sur la création. L’album musical du Waldgänger est un peu une histoire à part entière.

De même, quand j’ai réalisé le mini-jeu façon webdoc du Waldgänger, je n’ai pas demandé aux lecteurs d’écrire une histoire calquée sur l’histoire principale. Et pour cause, ils n’avaient pas lu l’épisode correspondant qui n’était pas encore publié. En revanche je leur ai proposé un contexte et leur ai demandé d’écrire leur histoire en partant d’un pitch d’une ligne à peine.

 

Outre la casquette d’auteur, ça te fait aussi une casquette de « gestionnaire de monde virtuel », non ? Comment ça se traduit au quotidien ?

Ça me fait porter beaucoup de casquettes ! Auteur, chef de projet, webmaster, graphiste, sans compter les vidéos ou les audios qu’on doit monter soi-même… Quand on n’a pas de budget, on est obligé de se débrouiller seul.

Toutes ces dimensions me passionnent. Mais c’est une activité qui absorbe techniquement 12 heures par jour, week-end compris, sans compter toutes les nuits où la cervelle continue en roue libre.

Mais le partage qui en résulte est extraordinaire. J’ai pu le constater lors des rencontres IRL que j’ai organisées dans le Crying Raven, un bar de Yumington qui n’a existé dans la vraie vie que le temps d’une soirée. Cela a été l’occasion de merveilleuses rencontres et d’échanges véritablement exceptionnels.

Mais tout reste encore à faire.

 

Comment as-tu eu l’idée d’écrire le Waldgänger ?

Mon éditeur Numériklivres m’a demandé d’écrire un roman de 45 minutes.
Et j’avais en tête à cette époque de relever deux défis. Le premier était d’écrire un roman dont le personnage principal serait un superhéros. Le second était d’écrire une série, à la manière des romans feuilletons, ou des BD feuilletons que je lisais quand j’étais gosse. J’avais un projet très arrêté pour tester ce modèle : un premier épisode gratuit puis des épisodes à moins d’un euro.

La conjonction de la demande de mon éditeur sur sa collection 45mn et de mes deux défis du moment, le fait que l’histoire du Waldgänger est particulièrement riche, ont donné naissance à cette série.

 

Est-ce que tu l’as tout de suite vu sous forme d’épisodes, disponible en numérique, avec un univers enrichi ? Comment toutes ces idées sont-elles nées ?

Oui je l’ai immédiatement identifié. L’histoire du Waldgänger est complexe et bien des personnages mériteraient une série à part entière. Un livre de 45 minutes de lecture n’aurait jamais suffi à développer toute cette histoire. J’ai donc dû convaincre mon éditeur de me laisser la liberté d’écrire 6 épisodes. Il a eu le courage de me suivre dans les délires, ça a payé et le modèle fait école. En ce qui concerne l’univers enrichi, sans doute est-ce le produit de ma passion pour les livres, le cinéma, les jeux vidéo… Sans doute le fait que j’ai beaucoup joué aux jeux de rôles en tant que maître de jeu quand j’étais ado n’y est pas étranger aussi.

 

Comment s’est passée ta collaboration avec Numériklivres, maison d’édition 100 % numérique ? Ont-ils joué le rôle d’une maison d’édition traditionnelle ? T’ont-ils épaulé dans la création transmédia ?

Oui, Numériklivres a joué son rôle d’éditeur numérique traditionnel. Couverture, maquette, relecture… Une belle collaboration en particulier avec Anita Berchenko la directrice de collection avec qui je travaille depuis le début. J’ai en revanche déployé seul l’intégralité de la dimension transmédia.

 

Le Waldgänger est un personnage très fort qui peut difficilement laisser indifférent. S’est-il immédiatement imposé à toi, où est-ce le fruit d’un travail de longue haleine pour arriver au résultat que tu recherchais ?

C’est un personnage très sombre et très violent, auquel je suis très attaché. Il est aussi l’expression d’une image que je me fais du futur proche. Il s’est imposé très rapidement à moi, mais est aussi le fruit de toute une réflexion que je mène depuis des années sur la notion de liberté dans nos sociétés et sur la symbolique de l’alchimie.

 

J’ai vu la semaine dernière que le Waldgänger avait dépassé les 10 000 téléchargements. C’est un très beau succès. Que va-t-il se passer ensuite ? Une saison 2 à venir ? D’autres surprises ?

Je n’exclus pas une deuxième saison du Waldgänger. Mais mon objectif est d’aujourd’hui déployer l’univers de Yumington et de surprendre mes lecteurs en allant là où ils ne m’attendent pas.

Dès cet été je vais vous proposer un nouveau héros, qui va évoluer dans Yumington. Mais à une époque différente. Là encore, ce personnage répond à un gros défi que j’avais envie de relever. Ce roman ne sera donc pas une suite à part entière du Waldgänger, mais une brique de plus dans l’édifice digital de Yumington. Les seules choses que je vous révélerai sont que, contrairement au Waldgänger, ce roman sera accessible aux moins de seize ans et que le héros principal est de la famille d’un des personnages que les lecteurs du Waldgänger ont croisé dans un des épisodes.

 

Voilà de quoi nous mettre l’eau à la bouche. Question : les lecteurs auront-ils la patience d’attendre ?? En tout cas, merci pour ces réponses, Jeff !

 

Pour en savoir plus sur le Waldgänger

Pour en savoir plus sur Jeff Balek

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Un commentaire

  1. Merci pour cette interview, autant à l’interviewer qu’à l’auteur :)

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